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La mise à jour de cette notice a été faite par Sory Baldé,
étudiant au CEAN, IEP-Université Montesquieu-Bordeaux IV
Le Bénin est le premier Etat d'Afrique
francophone à avoir amorcé un changement pacifique de pouvoir au début des années 90,
ouvrant ainsi la voie des processus de démocratisation. Ce pays était pourtant dirigé
depuis 1972 par le régime du général Mathieu Kérékou qui, après avoir mis un terme
à un cycle dinstabilité chronique, a officiellement opté pour le marxisme
léninisme dès 1974. Cette orientation se concrétisa alors par une politique
détatisation de léconomie et de construction dune hégémonie
politique à travers le Parti de la Révolution Populaire du Bénin (PRPB), présenté
comme le parti davant garde de la révolution.
Dès le début des années 80 cependant, ce système quon a pu qualifier de
laxisme-béninisme en raison de son peu daffinité avec le
modèle dont il sinspire, commença à montrer ses limites. La banqueroute
économique devint totale à partir de 1988, précipitant la crise de légitimité du
système. Après plusieurs mois de fortes mobilisations multisectorielles, dont notamment
celle des enseignants et des fonctionnaires qui voyaient leurs arriérés de salaires
s'accumuler, le général Kérékou fut contraint dengager un processus de
libéralisation en 1989 : amnistie générale et remaniement ministériel le 4 août puis
surtout, annonce de labandon du marxisme-léninisme et de la convocation d'une
Conférence nationale le 7 décembre.
Celle-ci se tient à Cotonou, du 19 au 28 février 1990, sous la présidence de Mgr
Isidore de Souza, (disparu en mars 2001) dans une ambiance de forte incertitude au
départ, puis largement consensuelle. Les participants imposent la souveraineté de leur
assemblée au chef de lEtat, qui finit par la reconnaître. Au terme de cette
conférence, des organes de transition sont mis en place pour une période d'un an, avec
pour mission, lélaboration dune Constitution et lorganisation
délections générales. La conférence maintient le Président Kérékou dans ses
fonctions tout en élisant Nicéphore Soglo au poste de Premier ministre. Un Haut Conseil
de la République (HCR), dirigé par Mgr de Souza, fait office d'assemblée législative
ainsi que de Cour constitutionnelle. Enfin, une Commission constitutionnelle est mise en
place avec la mission d'élaborer une nouvelle loi fondamentale.
Après des élections locales en novembre, la Constitution est ratifiée par le peuple le
2 décembre et promulguée le 11 décembre 1990. Le scrutin législatif est organisé le
17 février 1991, suivi de peu par l'élection présidentielle qui voit la victoire le 24
mars, au second tour, de N. Soglo sur M. Kérékou (67,5 contre 32,5 %). La première
législature s'achève avec les élections du 26 mars 1995. Enfin, lélection
présidentielle des 3 et 17 mars 1996 qui a vu le retour au pouvoir de Mathieu Kérékou
clôt le premier cycle constitutionnel du "Renouveau démocratique". Le Bénin
semble sêtre installé dans une démocratie véritablement fonctionnelle comme en
témoignent lélection du 30 mars 1999, qui a abouti à la mise en place de la
troisième législature. Les résultats des législatives donnent 27 sièges au Parti de
la Renaissance du Bénin ( PRB), 11 au Parti du Renouveau Démocratique (PRD), 9 au Parti
Social Démocrate (PSD), 6 au Mouvement africain pour la Démocratie et le Progrès
(MADEP), 10 au Front daction pour le Renouveau et le Développement (FARD), 4 au
parti Impulsion au Progrès et à la Démocratie (IPD), 4 pour Alliance Etoile, 3 pour Car
Dunya, 2 pour le Mouvement de lEngagement et le Réveil du Citoyen (MERCI), les
autres sièges étant répartis entre diverses formations politiques et candidats
indépendants. Par le jeu des alliances, lopposition obtient 42 sièges contre 41
pour la mouvance présidentielle. Andrien Houngbéji du PRD préside l'Assemblée
nationale. Ce qui est aussi remarquable, cest que chacune des élections sest
soldée par une alternance acceptée et une pacification progressive de la lutte
politique. Les élections présidentielles sont prévues pour mars 2001.
Le président béninois sortant Mathieu Kérékou a sans surprise été confortablement
réélu pour un mandat de cinq ans à la tête du pays. Après dépouillement de tous les
bulletins dans les douze circonscriptions électorales du pays, la CENA a annoncé le 24
mars l'écrasante et facile victoire de Mathieu Kérékou avec 1.286.465 voix (84,06%) sur
1.530.497 suffrages exprimés, face à son propre Premier ministre de fait Bruno Amoussou,
qui n'a récolté que 244.032 voix (15,94%). Pour sauver les apparences, il aura donc
finalement fallu que le Premier ministre de fait joue les faire-valoir face au général
pour cette "chronique d'une réélection annoncée" après le forfait de son
rival de toujours, Nicéphore Soglo, second du premier tour du 4 mars, puis de son allié
Adrien Houngbédji, le président du Parlement. Les deux hommes avaient jeté l'éponge
entre les deux tours, parlant de "mascarade", tandis que Bruno Amoussou avait,
lui, appelé à voter... Kérékou. Il n'a d'ailleurs même pas attendu le verdict final
des urnes pour féliciter son "adversaire". Bulletins "oubliés",
désistements en série, une campagne déséquilibrée entre les deux tours faute de
"champion" pour l'opposition, démission de membres de la CENA avant le second
tour, le tout sur fond d'invectives permanentes et d'accusations de fraudes: tout cela a
visiblement lassé et déçu les Béninois qui ont sanctionné le 22 mars leurs élites
politiques vieillissantes : 53,42% seulement des électeurs sont allés voter, alors que
le 4 mars ils avaient été 85%. A ce phénomène, il faut encore ajouter un taux record
de bulletins nuls : 8,73% des inscrits. L'opposition quant à elle a dénoncé des
élections irrégulières et déposé des recours devant la Cour constitutionnelle. Si la
légalité constitutionnelle a finalement été respectée cahin-caha, cette controverse
politicienne a indiscutablement porté un coup à l'image de "laboratoire de la
démocratie" dont jouissait le Bénin depuis 1991, après 18 ans de régime
"militaro-marxiste". Les Béninois devront enfin attendre encore cinq ans avant
de pouvoir changer d'ère, après dix ans de face à face Kérékou/Soglo, tous deux
presque septuagénaires. En 2006, l'heure de la retraite aura sonné et ni l'un ni l'autre
ne pourra plus briguer le fauteuil présidentiel.
Sources : AFP ; Etat de Droit.
Pays de lAfrique Occidentale situé
en bordure de lOcéan Atlantique, le Bénin est limité au Nord par le Niger et le
Burkina Faso, à lOuest par le Togo et à lEst par le Nigeria. De dimensions
modestes, il est profond de 750 km vers lintérieur du continent et sa superficie
est de 112.622 km2. La population est estimée aujourdhui à plus de 5 millions
dhabitants. Aux termes de larticle 2 de la Constitution du 11 décembre 1990,
" la République du Bénin est une, indivisible, laïque et démocratique ". Le
Bénin est un État unitaire. Le régime politique adopté est du type présidentiel
assorti dun multipartisme intégral. Instruits par linstabilité des années
soixante-dix, les constituants béninois ont voulu instituer un pouvoir exécutif
monocéphale tout en évitant une dérive présidentialiste du régime. Robert Dossou,
membre influent de la commission constitutionnelle, estime que la Constitution du 10
décembre 1990 institue un système présidentiel atténué par des éléments du
parlementarisme. Le président de la République est élu au suffrage universel direct, au
scrutin majoritaire à deux tours, pour un mandat de 5 ans, renouvelable une seule fois.
Il est le détenteur du pouvoir exécutif et chef du gouvernement, dont les membres sont
responsables devant lui. Sa responsabilité est engagée en cas de haute trahison,
d'outrage à l'Assemblée ou d'atteinte à l'honneur et à la probité. Comme de coutume
en régime présidentiel, le président ne peut pas dissoudre l'Assemblée nationale. En
contrepartie, celle-ci ne peut pas renverser le gouvernement.
Le pouvoir législatif appartient au Parlement, constitué par une Assemblée nationale
unique élue tous les quatre ans au suffrage universel direct, sans limitation du nombre
de mandats. La loi fixe les conditions d'éligibilité des députés dont le nombre est
passé de 64 en 1991, à 83 depuis la loi électorale du 17 janvier 1995. Ils sont
toujours élus au scrutin proportionnel, mais avec répartition à la plus forte moyenne,
et désormais dans 18 circonscriptions électorales, à raison de trois par départements.
L'Assemblée nationale béninoise, bien que ne pouvant censurer le gouvernement, peut
linterpeller et dispose de réels pouvoirs comme en témoignent les litiges avec le
gouvernement, par ailleurs toujours réglés conformément aux mécanismes
constitutionnels. Avec le scrutin du 30 mars 1999, le Bénin a mis en place sa troisième
législature de lère du renouveau. Depuis le blocage
institutionnel intervenu en janvier 2002, le Parlement a décidé de limiter les pouvoirs
exceptionnels du président.
En matière constitutionnelle, cest la Cour constitutionnelle, installée le 07 juin
1993 par décision 15-DC (16 février 1993) du HCR, qui est la plus haute juridiction de
lEtat. Elle tranche les conflits entre institutions et est garante des droits
fondamentaux et des libertés publiques. Elle veille aussi à la régularité des scrutins
et proclame les résultats, mais depuis la loi électorale promulguée le 17 janvier 1995,
les élections sont organisées par une Commission électorale nationale autonome (CENA).
La Cour est composée de 7 membres nommés par l'Assemblée nationale (quatre membres) et
le président (trois membres) pour un mandat renouvelable de 5 ans et ses décisions sont
rendues en première et dernière instance. Dirigée dabord par Elisabeth Pognon,
puis par Conceptia Ouinsou, la Cour constitutionnelle béninoise sest illustrée
depuis son installation en 1993 par son indépendance vis-à-vis du Parlement et de
lexécutif. La possibilité donnée aux simples citoyens de la saisir par voie
daction comme par voie dexception en a fait une cour
populaire. Elle a ainsi rendu des centaines de décisions sur
requête de simples particuliers et souvent en leur faveur, devenant de ce fait, un
véritable instrument de promotion de lEtat de droit.
Par ailleurs, la Constitution prévoit également un Conseil Economique et Social. Son
rôle est d'émettre des avis consultatifs sur demande du gouvernement ou de sa propre
initiative sur les projets de loi, dordonnance ou de décret ainsi que sur les
propositions de loi qui lui sont soumis (titre VII de la Constitution).
La fonction publique béninoise est régie par
la loi n°86-013 du 16 février 1986 portant statut général des agents permanents de
lEtat. Dans son article 12, cette loi détermine les conditions daccès aux
emplois publics, le recrutement est possible sur titre, sur concours ou après un test.
A la différence de la plupart des fonctions publiques africaines établies sur le modèle
français, la fonction publique béninoise est divisée en cinq catégories (A, B, C, D et
E).
Cest avec lamorce du processus
de démocratisation du pays que simpose la nécessité de décentraliser
ladministration du pays. Les différents gouvernements et régimes politiques qui se
sont succédé à la tête de lEtat, dinspiration marxiste, nont pas
fait grand cas de la décentralisation. Lorientation marxiste-léniniste qui a
marqué le système politique béninois était basée sur le «centralisme démocratique
». Une idéologie qui fut entendue au Bénin comme devant simplement assurer la formation
et lencadrement politique des populations à travers la diffusion des idéaux du
parti unique. Certes, la loi n°81-009 du 10 octobre 1981 avait organisé une
décentralisation à deux niveaux : la province, le district. Assez curieusement, la
commune collectivité de base ne constituait pas une collectivité locale aux termes de
cette loi. Quoi quil en soit, les trois niveaux dadministration étaient
dirigés dune part par des conseils de la révolution élus et dautre part par
des exécutifs (Préfets, Chefs et maires) nommés par le gouvernement. Dans un cas comme
dans lautre, la gestion des collectivités locales était étroitement contrôlée
par les instances du parti unique. Cest pour rompre avec cette tradition que «les
forces vives de la nation », réunies en «conférence nationale » ont adopté le
principe dune décentralisation administrative comme système dadministration
territoriale au Bénin. A cette conférence ont pris part, entre autres, les acteurs
locaux représentés par les associations locales de développement, les administrateurs
territoriaux, les notabilités coutumières les ministres de culte etc. cest ainsi
que la nouvelle constitution adoptée le 11 décembre 1990 consacre le principe de la
libre administration des collectivités locales : « les collectivités locales
sadministrent librement par des conseils élus et dans les conditions fixées par la
loi ». La décentralisation au bénin est conçue comme faisant partie intégrante du
processus de démocratisation engagée en 1990. Lenjeu principal se trouve
dune part dans la gestion politique du passage dun système du tout Etat, à
un système de partage de pouvoir et de ressources entre lEtat et dautres
acteurs publics, notamment les collectivités locales et dautre part la gestion
administrative et financière du passage dun système sans collectivités locales à
un système à 77 communes. La loi constitutionnelle prévoit que les collectivités
locales sadministrent librement par des conseils élus et dans les conditions
fixées par la loi. Lélection au suffrage universel est de principe pour la
désignation des conseillers municipaux. Il nest pas prévu une représentation des
institutions de la société civile au sein des conseils, même si la loi admet les
candidatures indépendantes. Le système exclut également une représentation des
notabilités coutumières au sein des instances locales. Depuis les élections de novembre
1990, il existe au niveau local, des communes urbaines et des communes rurales, avec à
leur tête des maires élus. Des états généraux de ladministration territoriale
se sont tenus à Cotonou, du 7 au 10 janvier 1993. Le rapport final préconise "une
décentralisation progressive de l'administration territoriale" avec un
"transfert graduel de compétences".
Le processus de décentralisation est basé sur cinq lois : la loi n° 97-028 portant
orientation de lorganisation de ladministration territoriale, la loi n°
97-029 portant organisation des communes, la loi n° 98-005 portant organisation des
communes à statut particulier (les trois grandes villes du pays : Cotonou, Porto-Novo et
Parakou), la loi n° 98-006 portant régime électoral communal et municipal, la loi n°
98-007 portant régime financier des communes. Par ailleurs, un nouveau découpage
territorial a été récemment adopté par l'Assemblée nationale. Elle prévoit une
scission des six départements initiaux en douze, lérection de 77 communes (y
compris ceux à statut spécial), des arrondissements, quartiers et villages. Trois grands
domaines font lobjet dune répartition de compétences entre lEtat et
les communes. Les domaines dans lesquels les communes reçoivent des compétences
précises sont les suivants. Dabord le développement économique,
laménagement, lhabitat et lurbanisme : dans ce domaine, la commune
élabore son plan de développement local en élaborant les documents de planification
nécessaires, elle délivre les permis dhabiter et les permis de construire et elle
assure le contrôle permanent de la conformité des réalisations et des constructions
avec la réglementation en vigueur. La commune assure également la promotion de
lhabitat social et est consultée dans le cadre de lélaboration du plan
national de développement. Ensuite, les infrastructures, les équipements et les
transports. Enfin, lenvironnement, lhygiène et la salubrité. Outre ces
compétences dévolues à toutes les communes, les communes à statut particulier
reçoivent des compétences supplémentaires en matière denseignement et de
formation professionnelle, de transport et circulation, de sécurité et de communication.
Sources : Programme de Développement Municipal ; Etat de Droit.
La Constitution du 11 décembre 1990, adoptée
à la suite de l'historique Conférence nationale des forces vives de la nation, a
confirmé avec force la volonté du peuple béninois de créer un Etat de droit et
démocratique, dans lequel les droits fondamentaux de l'homme sont garantis et protégés.
L'édification d'un Etat de droit, on le sait, n'est possible qu'avec l'existence d'une
justice indépendante et performante. Au titre VI de la Constitution béninoise, on peut
lire : "Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir
exécutif. Il est exercé par la Cour suprême, les cours et tribunaux créés
conformément à la Constitution". La séparation des pouvoirs étant ainsi
consacrée par la loi fondamentale, on peut dire qu'en République du Bénin, la justice
est rendue au nom du peuple béninois. Dans l'exercice de leurs fonctions, les juges ne
sont soumis qu'à l'autorité de la loi. Le président de la République est garant de
l'indépendance de cette justice. Il est assisté dans cette tâche par le Conseil
supérieur de la magistrature. Pour un pays de cinq millions d'habitants, le Bénin ne
compte quelques 156 magistrats, et un peu moins d'une centaine d'avocats. Les magistrats,
pour la plupart, reçoivent leur formation à l'Ecole nationale d'administration. Ils sont
ensuite nommés par le président de la République, sur proposition du garde des Sceaux,
ministre de la Justice, après avis du Conseil supérieur de la magistrature. Pour occuper
des fonctions spécifiques telles que celles de procureur de la République, de substitut
du procureur ou de juge, il faut passer par ce même biais. Le Conseil supérieur de la
magistrature, qui est l'un des piliers centraux du système judiciaire au Bénin,
comprend, outre le président de la République (président de droit), des membres nommés
par lui-même, à savoir : le président de la Cour suprême (1er vice-président), le
garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la législation (2e vice- président), les
présidents des chambres de la Cour suprême, le (ou les) président de la cour d'appel,
le (ou les) procureur général près la cour d'appel, une personnalité étrangère à la
magistrature, connue pour ses qualités intellectuelles et morales, et deux magistrats
dont un du parquet. La Cour suprême, quant à elle, est la plus haute juridiction de
l'Etat en matière administrative, judiciaire et des comptes de l'Etat. Elle est
également compétente en ce qui concerne le contentieux des élections locales. Les
décisions de la Cour suprême ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent au
pouvoir exécutif, au pouvoir législatif, ainsi qu'à toutes les juridictions. Le
président de la Cour suprême est nommé pour une durée de cinq ans par le président de
la République, après avis du président de l'Assemblée nationale, parmi les magistrats
et les juristes de haut niveau ayant quinze ans au moins d'expérience professionnelle. Il
est inamovible pendant la durée de son mandat, qui n'est renouvelable qu'une seule fois.
Toujours conformément à la Constitution, une Haute Cour de justice a été mise sur
pied. Elle se compose des membres de la Cour constitutionnelle, à l'exception de son
président, de six députés élus par l'Assemblée nationale, et du président de la Cour
suprême. Cette Haute Cour, qui élit en son sein son président, est compétente pour
juger le président de la République et les membres du gouvernement, à raison de faits
qualifiés de haute trahison, d'infractions commises dans l'exercice de leurs fonctions,
ainsi que pour juger leurs complices en cas de complot contre la sûreté de l'Etat. La
décision de poursuite, puis de mise en accusation du président de la République et des
membres du gouvernement, est votée à la majorité des deux tiers des députés composant
l'Assemblée nationale.
Les juridictions de droit commun restent compétentes pour les infractions perpétrées
par les citoyens en dehors de l'exercice de leurs fonctions, et dont ils sont pénalement
responsables. Pour leur défense, ils peuvent, comme tout citoyen béninois, avoir recours
au service d'un avocat. Les avocats. Conformément à l'article 48 de la loi n. 65-6 du 20
avril 1965, pour l'admission d'un avocat au barreau de la République du Bénin, un
certificat d'aptitude à la profession d'avocat est indispensable. L'inscription aux cours
de ladite formation est ouverte aux titulaires d'une maîtrise en sciences juridiques. Les
avocats inscrits au barreau exercent leurs attributions tant devant la cour d'appel que
devant toutes les autres juridictions. Les avocats exerçant dans tout Etat qui accorde la
réciprocité peuvent, après avoir informé le bâtonnier de l'ordre des avocats, plaider
dans une affaire déterminée devant les juridictions de la République du Bénin.
Reconnaissons cependant qu'au Bénin, aujourd'hui, la justice se révèle inapte à
accomplir la mission que la Constitution lui dévolue. En effet, elle est caractérisée
par un certain nombre de dysfonctionnements, notamment : la lenteur, l'anachronisme des
textes appliqués devant les juridictions, son éloignement des justiciables. Depuis
l'indépendance nationale le 1er août 1960, la carte judiciaire du Bénin n'a pas varié
: huit tribunaux de première instance ; quelques tribunaux de conciliation qui, comme
leur nom l'indique, n'ont aucun pouvoir juridictionnel ; une seule cour d'appel siégeant
à Cotonou (capitale économique du Bénin) et dont le ressort s'étend à l'ensemble du
territoire national. Cette faible implantation des juridictions a pour conséquence
déplorable d'éloigner géographiquement la justice de bon nombre de citoyens, et, pour
ceux-ci, de réduire pratiquement l'appareil à un seul degré de juridiction. Selon les
résultats d'un sondage, commandé par le ministère de la Justice et réalisé dans le
cadre des Etats généraux de la justice, par l'Institut béninois de sondage, du 20 au 22
septembre 1996, à la question de savoir si "la législation béninoise paraît
adaptée à leur époque", 19% de Béninois répondent par l'affirmative, 16,3% par
la négative, 22,6% affirment qu'elle est plus ou moins adaptée, 42,1% sont sans opinion.
Toujours selon ce sondage, les justiciables, dans une proportion de 64,5%, estiment que
les jugements ne sont pas bien rendus, et 48% approuvent les actes de vindicte populaire,
qui actuellement prennent des proportions alarmantes dans les grandes villes du Bénin.
Pour ces 48%, ces actes procèdent d'une crise de confiance entre les Béninois et leur
justice. C'est pour améliorer cette image plutôt ternie de la justice, que le
gouvernement béninois a initié, du 4 au 7 novembre 1996, les Etats généraux de la
justice. Au nombre des multiples solutions suggérées par ces assises, nous pouvons citer
la nécessité d'un nouvel environnement juridique, à travers l'évaluation des textes
législatifs et réglementaires existant ; l'amélioration de l'organisation et du
fonctionnement de la justice, par la création d'un tribunal de première instance dans
chaque localité érigée en circonscription urbaine ; et enfin l'attribution de moyens
supplémentaires aux organes judiciaires. La mise en chantier de ces réformes permettra
à coup sûr à la justice béninoise d'assurer le respect du droit de chaque citoyen, de
faire de la justice un véritable instrument de paix.
Dans lensemble, le Bénin a accompli des progrès incontestables dans le domaine de
lindépendance de la justice comme lont prouvé les nombreuses décisions
judiciaires défavorables aux différents pouvoirs politiques.
Toutefois on constate la présence dun phénomène nouveau en matière de justice.
En effet, une sorte de «para justice » tend à se développer au Bénin. Des comités de
réconciliation se mettent en place servant à la fois doutil de prévention et
dalternative aux dysfonctionnements potentiels de la justice béninoise. Il
sagit dune justice de proximité, des comités de villageois réunis afin de
prévenir la dégénérescence des petits conflits, dagir de façon curative en cas
de violence pour rapprocher les parties en désaccord, de reconstituer le tissu social
brisé. Dabord développée en milieu rural, cette expérience tend à prendre de
lampleur.
Sources : ANB-BIA ; Etat de Droit.
Lordonnance du 26 avril 1966 relative à
la Cour suprême, détermine également les règles de la procédure administrative
contentieuse. Le Tribunal Administratif créé en 1961 a été intégré en 1965 à la
chambre administrative de la Cour Suprême, devenue depuis lors juridiction administrative
de droit commun en premier et dernier ressort. Cette solution a été adoptée à titre
transitoire depuis la fin de lannée 1963.
Dans un premier temps, les magistrats de la Cour Suprême bénéficiant de
linamovibilité, nétaient pas intégrés dans la hiérarchie judiciaire
normale, et ne relevaient pas de lautorité du Garde des Sceaux. Le contentieux
administratif en première instance a, par la suite, été confié à la Cour dAppel
sous réserve dappel devant la Cour Suprême, schéma finalement assez proche, dans
son esprit, du système français.
La Constitution renvoie à la Charte des partis politiques, définie par la loi n°90-23 du 13 août 1990, le soin de déterminer les conditions dans lesquelles les partis se forment et exercent leurs activités. Ils sont actuellement près de 100 à être enregistrés au ministère de lintérieur, mais beaucoup n'ont qu'une réalité légale, leur implantation étant souvent virtuelle. Cependant, une quarantaine de partis se présente régulièrement seuls ou en coalition aux élections législatives de mars 1995 et de mars 1999. Et une vingtaine est tout de même représentés à l'Assemblée nationale. Les plus importants sont : la Renaissance du Bénin (RB) de Nicéphore Soglo, qui dispose désormais, loin devant les autres, de 27 députés. Il y a aussi le Parti du renouveau démocratique (PRD) d'Adrien Houngbédji, le Front d'action pour le renouveau et le développement (FARD-Alafia) proche de M. Kérékou, le Parti social démocrate (PSD) de B. Amoussou, le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (MADEP) de Séfou Fagbohoun, récemment créé, l'Union pour la démocratie et la solidarité (UDS) d'Adamou N'Diaye, Notre cause commune (NCC) de François Tankpinou, qui sest scindé pour donner naissance au parti national Ensemble d'Albert Tévoédjré, le Rassemblement des démocrates libéraux (RDL) de Sévérin Adjovi ou encore le Parti communiste béninois (PCB) de Pascal Fantodji. Le paysage partisan est caractérisé par de spectaculaires changements dalliances, connues sous le qualificatif de transhumance politique. La plupart des partis ont un électorat fortement régionalisé sans que cette situation nentrave la civilité électorale depuis les troubles de la première élection présidentielle de 1991.
Lunivers syndical béninois est
morcelé en de multiples organisations regroupées pour la plupart au sein des cinq
centrales que compte le pays. L'Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin
(UNSTB) a survécu au régime marxiste dont elle était lunique organisation
syndicale autorisée. Depuis le début des années 90, quatre autres structures ont vu le
jour : la Centrale des syndicats autonomes (CSA), la Confédération générale des
travailleurs du Bénin (CGTB), la Centrale des syndicats des travailleurs du Bénin
(CSTB), la Confédération des organisations syndicales indépendantes (COSI).
Ces syndicats sont implantés presque exclusivement dans la fonction publique et dans les
entreprises publiques. Depuis 1997, lEtat accorde aux organisations syndicales, une
aide annuelle de 300 millions de Francs CFA.
L'attachement aux principes des Droits de
lhomme est affirmé dans le préambule de la Constitution de décembre 1990, qui
fait référence à la Charte des Nations unies de 1945, à la Déclaration Universelle
des Droits de lhomme de 1948 et à la Charte africaine des Droits de lhomme et
des peuples, adoptée en 1981 par l'OUA et ratifiée par le Bénin le 20 janvier 1986, et
dont "les dispositions font partie intégrante de la présente Constitution et du
droit béninois et ont une valeur supérieure à la loi interne". Elle est d'ailleurs
mise en annexe au texte constitutionnel. Le titre II de la Loi fondamentale traite
"Des droits et des devoirs de la personne humaine".
Il y a de nombreux ONG des droits de l'homme au Bénin, qui ont été créées pendant la
période de transition. Celles-ci essaient de coordonner leur travail, mais l'organisation
créée pour faciliter cette coordination ne fonctionne pas. Cette diffusion, coordination
et coopération doivent être une priorité pour les ONG dans le pays. Nous pouvons en
relever principalement neuf sur les quinze que nous avons pu recenser.
Laction des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture-Bénin (ACAT-B) a une histoire
particulière. Cest une association non gouvernementale, à but non lucratif
établie en 1989 et officiellement reconnue en 1990. ACAT-B est membre d'une organisation
internationale qui a des organisations affiliées dans plusieurs pays africains.
L'objectif d'ACAT-B est principalement de travailler pour l'abolition de la torture.
ACAT-B est une organisation chrétienne, composée de différents professionnels. Il faut
noter que l'organisation n'est pas actuellement active. En effet, lONG estime que
depuis la transition politique, la démocratie est plus opératoire dans le pays et
quil ny a plus de torture ou des violations à grande échelle des droits de
l'homme.
LAHAVA a été formé en 1990 par un groupe de quatre personnes décidées de
quitter la ville pour le village et de créer un réseau d'éducateurs ruraux des droits
de l'homme. AHAVA est une ONG reconnue officiellement à but non lucratif et apolitique.
L'objectif principal d'AHAVA est de sensibiliser la population rurale sur la connaissance
juridique. AHAVA s'est développé dans une organisation d'avocats, de magistrats, de
professeurs et d'ouvriers ruraux. Il n'a aucun personnel salarié et aucun bureau. Tout le
travail est fait sur une base de volontariat, à l'exception du travail fait par des
professeurs à l'école que l'AHAVA a établi.
En effet, AHAVA a établi une école avec un programme des droits de l'homme. Les
instruments et principes de droits de l'homme sont enseignés dans l'école, et on donne
beaucoup d'attention aux droits des femmes et des enfants. AHAVA conduit aussi un
programme d'instruction juridique pour les fonctionnaires élus localement (maires,
membres d'assemblées locales, etc.), et enseigne les droits de l'homme dans les écoles
régulières. Il forme des para juristes et des entraîneurs d'instruction juridique.
Toute la formation est basée sur la Charte africaine, le Code Pénal, et d'autres
instruments des droits de l'homme, particulièrement la Déclaration Universelle des
Droits de l'Homme.
L'Association des Femmes Juristes du Bénin (AFJB) est une organisation à but non
lucratif, apolitique, créée en janvier 1990 et reconnue par le Ministère
daffaires Internes le 11 mars 1992. Le siège d'AFJB est à Cotonou, et ses
activités sont concentrées là-bas. Récemment, cependant, ils ont essayé de prolonger
leurs activités dans le sud du pays. L'objectif principal d'AFJB est d'aider les femmes
à connaître leurs droits et à les exercer. Les membres d'AFJB sont presque tous des
femmes avocats. Les activités d'AFJB sont concentrées sur l'éducation des femmes quant
à leurs droits par des émissions de radio en français et en d'autres langues des
citoyens. Les émissions sont thématiques (sur les problèmes tels que le mariage,
l'héritage, le viol). Ils informent les femmes de leurs droits, et de ce qu'elles doivent
faire quand ces droits sont violés. Il y a également des séminaires en langues
nationales dans des différentes parties du pays et la publication des brochures, et
principalement d'une Guide Juridique de la Femme en français et en deux autres langues,
le Fon et le Batanou. L'Association pour le Développement des Initiatives Villageoises
(ASSODIV) est une association apolitique, à but non lucratif créée le 12 septembre 1987
et reconnue officiellement comme une ONG le 11 avril 1988. L'objectif principal d'ASSODIV
est d'aider les communautés rurales à réaliser le développement intégré et de
promouvoir leurs propres initiatives. ASSODIV a des membres divers, y compris des
agronomes, des avocats, des économistes, des sociologues, des paysans et d'autres. Le
programme d'ASSODIV comprend deux domaines principaux : les programmes socio-économiques
et les programmes juridiques. Une communauté de jeunes juristes paysans s'installent
progressivement sur le Centre de Tangbo où ils se prennent en charge à travers diverses
activités de productions végétales et animales, et participent au programme
d'éducation au droit, d'assistances juridiques de formation et de sécurité alimentaire
des villageois.
La Commission béninoise des Droits de l'Homme (CBDH) est une organisation
gouvernementale, créée par la loi en 1989 (Loi No.89-004 du 12 mai 1989). Cependant, la
CBDH agit indépendamment du gouvernement, critique des actions et dénonce les
violations. Il a son propre financement et sa propre administration. L'objectif de CBDH
est la promotion et la protection des droits de l'homme. CBDH a des "membres par le
droit" (l'Association des Avocats, l'Organisation des Magistrats, et l'Organisation
des Médecins) ; des membres par les ONG (dix-sept) ; et des membres individuels, y
compris des avocats, des professeurs, des médecins, et des magistrats. La Commission a un
bureau et un Officier Administratif. Les membres travaillent sur une base volontaire. Les
activités principales de la Commission sont l'investigation des violations des droits de
l'homme, l'éducation des droits de l'homme, et l'aide au gouvernement à écrire ses
rapports périodiques dus aux Nations Unis ou aux corps internationaux de traité des
droits de l'homme. Quand CBDH reçoit une plainte d'une violation, elle désigne un de ses
membres à l'examiner et à écrire un rapport. Puis, la Commission écrit au violateur.
Si le violateur ne réagit pas, CBDH émit une annonce de presse ou commence une campagne
de presse. L'organisation n'est pas entraînée dans le litige. CBDH éduque la population
de ses droits par les émissions de radio et les séminaires nationaux, bien que ses
membres ressentent que leur action dans ce domaine est insuffisante.
L'Institut des Droits de l'Homme et de Promotion de la Démocratie (IDH) est une
organisation non gouvernementale scientifique, à but non lucratif, établie à Cotonou en
1992. L'objectif principal de l'IDH est d'enseigner les droits de l'homme à la
population, de les aider à connaître leurs droits et à agir ?en bons citoyens?. Les
membres de l'IDH sont des magistrats de haut niveau, des avocats et des professeurs de
l'université. L'organisation n'a pas un personnel salarié et dépend de volontaires.
La Ligue pour la Défense des Droits de l'Homme au Bénin (LDH) est une association
apolitique, à but non lucratif. Elle a été établie le 10 mai 1990, et a été
officiellement reconnue en 1992. Elle a succédée à l'Association des Anciens Détenus
Politiques et de Leurs Parents, puis qu'il n'y a pas eu de détenus politiques depuis le
début de la période de transition. Les objectifs primaires de LDH sont la promotion et
la protection des droits de l'homme, et la protection des intérêts (matériels et
psychologiques) des victimes de violations des droits de l'homme. La LDH a des membres
très divers, y compris des avocats, des professeurs, des jeunes, des membres de la
société civile, etc. Le personnel n'est pas rémunéré et n'a pas de siège. Les
activités principales de LDH sont le reportage des violations des droits de l'homme
dénoncées par des victimes, leurs parents, voisins, etc. ; l'étude des violations des
droits de l'homme ; la formation de leurs membres; et l'intervention humanitaire pour
aider les victimes. La LDH a aussi ouvert un centre médical pour aider les victimes de
violations des droits de l'homme et la partie la plus pauvre de la population de Cotonou.
L'organisation était la première à assister les réfugiés de Togo, et a travaillé
considérablement avec ces réfugiés pendant les deux dernières années. Elle a publié
un "livre blanc" sur la torture et d'autres violations des droits de l'homme
pendant le régime militaire, et produit un rapport sur la situation actuelle des droits
de l'homme dans le pays deux fois par an. Quand la LDH reçoit une plainte d'une
violation, elle envoie une lettre à l'auteur de la violation, examine la plainte,
établit une réunion entre la victime et le violateur, émet une annonce de presse si le
violateur ne répond pas à ses autres initiatives, et traduit des cas en cours. En plus
des nombreuses ONG engagées dans la promotion de léducation aux droits de
lhomme, il existe deux structures qui veillent au respect effectif des droits de
l'homme : la Ligue béninoise des Droits de l'homme, proche du Parti Communiste, et
surtout, la Commission béninoise des droits de l'homme, dirigée par M. Saïdou Agbantou.
Ce dernier présida d'ailleurs la Commission électorale nationale autonome chargée
dorganiser les élections législatives de mars 1995 et celles de mars 1999. Par
ailleurs, les nombreuses décisions de la Cour constitutionnelle, dont la saisine est
ouverte aux simples citoyens en matière de violation des droits de lhomme, dénote
une avancée incontestable de lEtat de droit au Bénin.
Le paysage médiatique béninois a connu
une effervescence sans précédent dans le pays, à l'occasion de l'affaiblissement du
régime Kérékou et surtout de la période de transition. Beaucoup de titres sont
apparus, mais la plupart n'ont pas pu survivre au-delà de quelques numéros,
essentiellement pour des raisons économiques. Actuellement certains ont une périodicité
fortement aléatoire tandis que d'autres réapparaissent uniquement en période
électorale. Les premiers titres parus à la fin des années 80 furent La Gazette du
Golfe, Le Forum de la Semaine et Tam-Tam Express.
Cependant, il existe aujourdhui cinq quotidiens en plus du journal gouvernemental, La
Nation : Le Matin depuis 1994, Le Citoyen et Les Echos du jour
depuis 1996, Le Point au Quotidien depuis 1997 et Le Matinal depuis
1998. De nombreuses publications, hebdomadaires ou bimensuelles, essaient davoir une
parution régulière.
La libéralisation de lespace audiovisuel est en cours. Après ladoption de la
loi et lappel à candidature, la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la
Communication, chargée de garantir la liberté et la protection de la presse, a délivré
des autorisations à des promoteurs de radios privées, commerciales ou associatives et de
télévision qui diffusent leurs programmes. Depuis 1997, lEtat accorde à la presse
privée, une aide de 300 millions de franc CFA. Même si certains journaux opèrent des
rapprochements avec les milieux politiques, lindépendance de la presse est
relativement garantie comme le montrent lorganisation de laccès des
différentes forces politiques aux médias détat à loccasion des
consultations électorales ainsi que le ton de liberté quadopte la presse
gouvernementale.
BENIN : |
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