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La mise à jour de cette notice a été faite par M.
Boubacar Issa Abdourhamane,
doctorant au CEAN, IEP-Université Montesquieu-Bordeaux IV
A linstar de nombreux pays
africains, le Congo connaît à partir de 1990, une vague de mouvement revendiquant la
démocratie. Dans cette République populaire qui se réclamait alors de lidéologie
marxiste-léniniste, les bouleversements sur la scène internationale et un contexte
économique interne difficile, ont stimulé la multiplication des grèves, des
revendications estudiantines ainsi que lapparition dune opposition qui
réclame une conférence nationale et le départ du Président Denis Sassou Nguesso.
Le comité central du Parti congolais du travail (PCT) se prononce en faveur du
multipartisme au début du mois de juillet, mais la révision de la Constitution dans ce
sens nintervient quen décembre. Le PCT renonce à lidéologie marxiste
et à son rôle dirigeant. Plusieurs formations politiques sont alors reconnues. Le
Président Denis Sassou Nguesso annonce finalement la tenue dune conférence
nationale lors de sa présentation des vux du nouvel an à la nation.
Le 25 février 1991, la Conférence nationale congolaise s'ouvre à Brazzaville. Elle va
durer 3 mois, jusqu'au 10 juin 1991. Elle sera présidée par Monseigneur Ernest Kombo,
évêque d'Owando. Elle a pour " mission essentielle de redéfinir les valeurs
fondamentales de la nation et de créer les conditions d'un consensus national en vue de
l'instauration d'un Etat de Droit ". Cette institution regroupe les membres des
partis déclarés, des associations indépendantes, des organisations non gouvernementales
et confessionnelles, soit environ 1200 délégués. La Conférence proclame sa
souveraineté et adopte un Acte fondamental suspendant la Constitution de 1979 ainsi
quune Charte des Droits et Libertés.
La Conférence met en place trois organes : la présidence de la République, assurée par
Denis Sassou Nguesso qui reste à son poste mais se voit retirer certaines de ses
prérogatives, le gouvernement de transition avec à sa tête le Premier ministre André
Milongo, ancien administrateur à la Banque Mondiale, le Conseil supérieur de la
République (CSR), présidé par Mgr Kombo et composé de 153 membres, représentants les
différents groupes présents lors de la Conférence nationale. Il doit s'assurer de
l'exécution des décisions prises pendant la Conférence, suppléer l'absence du
Parlement et faire voter les lois.
La transition congolaise est marquée dès le départ par de nombreux ratés tels que
l'affrontement, en septembre 1991, entre le gouvernement et la Confédération syndicale
congolaise qui s'oppose au plan de restructuration des entreprises et de la fonction
publique. Des tentatives de coups d'Etat, contre André Milongo lors de son voyage aux
Etats-Unis en décembre 1991 et contre Denis Sassou Ngesso, en janvier 1992 sont à noter.
Le mois de janvier 1992 est aussi marqué par un remaniement ministériel dû à une crise
politico-militaire. C'est enfin sur fond d'ethno-régionalisme et de relations
conflictuelles entre le gouvernement de transition et les groupes pétroliers Elf et Agip
que se déroule la transition.
Le 15 mars 1992, un référendum a lieu, aboutissant à ladoption de la Constitution
de la quatrième République avec 96,3 % des suffrages. Les mois d'avril et de mai sont
marqués par de nombreuses grèves et un conflit entre le gouvernement et le CSR. En mai,
les élections municipales confirment l'effondrement du PCT qui conteste le scrutin face
à la montée de nouveaux partis, notamment le Mouvement congolais pour la démocratie et
le développement intégral (MCDDI) de Bernard Kolélas et lUnion panafricaine pour
la démocratie sociale (UPADS) de Pascal Lissouba. Le premier tour des élections
législatives confirme ces tendances avec toujours les protestations de lancien
parti unique. Le 19 juillet 1992, c'est le deuxième tour des législatives ; il est
couronné par le succès de lUPADS qui obtient 39 des 125 sièges contre 29 pour le
MCDDI et 18 pour le PCT, le reste des sièges revenant à de nombreux autres partis. La
contestation est toujours de rigueur. Les élections sénatoriales du 26 juillet
confirment la même tendance.
Aux élections des 2 et 16 août 1992, Pascal Lissouba est élu Président de la
République avec 61,3 % des voix. Mais même si elle est menée à son terme, la
transition démocratique au Congo aura été très mouvementée, tout comme le nouveau
mandat de Lissouba sera marqué par de nombreuses crises. Fin octobre, c'est le
renversement du gouvernement Bongo-Nouarra, suivi, le 17 novembre par la dissolution de
l'Assemblée nationale, dissolution déclarée illégale par lopposition. En juin
1993, celle-ci boycotte le deuxième tour des législatives, nayant pas reconnu les
résultats du premier tour tenu le 2 mai. S'en suivent des émeutes et l'annulation de ce
tour des élections. En juillet, l'état d'urgence est décrété à la suite des
affrontements entre milices, marquant le début du cycle des guerres civiles.
La médiation du Président gabonais Omar Bongo permet dorganiser à nouveau un
deuxième tour, encore contesté, conduisant une fois de plus à la reprise des
affrontements armés. La fin de lannée 1993 et le début de lannée 1994 sont
marqués par la guerre malgré larbitrage dun collège international de
juristes sur les élections. Lannée 1995 voit de nombreuses dissensions apparaître
dans la mouvance présidentielle. Lopposition semble se revigorer. Le gouvernement
est ouvert à quelques opposants et les deux parties signent en décembre un pacte de paix
prévoyant le désarmement des milices. Mais la stabilité nest décidément pas au
rendez-vous car, dès le début de lannée 1996, des mutineries ont lieu dans
larmée.
Avec le retour de Denis Sassou Nguesso à Brazzaville en janvier 1997 dans la perspective
de la présidentielle de juillet, les affrontements se multiplient entre ses milices
" Cobras ", les " Ninjas " de Bernard Kolélas, maire de Brazzaville
et les " Zoulous " du Président Lissouba. La guerre civile devient générale
à partir de juin 1997 lorsque la résidence de Sassou Nguesso est attaquée. Après
quatre mois et demi de guerre civile, les forces fidèles à ce dernier prennent
Brazzaville en octobre, aidées par le troupes angolaises. Lélection
présidentielle prévue pour les mois de juillet et août na pu se tenir et le
général Sassou Nguesso est investi des charges présidentielles. Un forum tenu en
janvier 1998 a fixé la période de transition à trois années au terme desquelles,
doivent se tenir des élections générales.
La victoire militaire de Sassou Nguesso na pas pour autant ramené la stabilité
politique. Lopposition se fait entendre de lextérieur par la voix de
lancien Président Lissouba, exilé en Grande-Bretagne, et celle de Bernard
Kolélas, exilé aux Etats-Unis entre autres. Les milices fidèles à ce dernier mènent
une guérilla sur fond ethno-régional dans le Pool, région qui comprend la capitale. En
décembre 1998, ils ont tenté de renverser Sassou Nguesso, absent du pays. Cette action
sest soldée par une contre-offensive à larme lourde dans les quartiers sud
de Brazzaville avec un coût en vies humaines des plus élevés et une exacerbation des
tensions ethniques. Le Congo reste un pays dévasté, où la réconciliation savère
être un processus difficile comme on a pu le vérifier encore avec les attaques des
" Ninjas " de Bernard Kolélas, suivies dune contre offensive de
larmée en mai 1999. La médiation du Président Omar Bongo du Gabon a permis
dobtenir une accalmie et un rapprochement de certaines factions de lopposition
armée et civile avec le pouvoir du Général Sassou Nguesso. La démocratisation des
institutions politiques congolaises suppose avant tout le retour à la paix après
plusieurs années de luttes fratricides.
En attendant la mise en place dun nouveau cadre
institutionnel, le Congo vit un régime dexception de fait, entériné par le forum
qui a réuni, en janvier 1998, 850 délégués issus de partis politiques et de la
société civile. Le forum a accepté le principe dune transition de trois ans
flexibles avant le retour à un ordre constitutionnel et démocratique. Après la victoire
de ses troupes, le général Sassou Ngesso a pris une ordonnance, lacte fondamental
du 24 octobre 1997 qui organise le pouvoir. Il fait du général le chef de l'État et du
gouvernement. Un gouvernement de fidèles, ouvert à quelques petits partis, a été
nommé. Un Conseil national de transition, instance de 75 membres suppléant le Parlement,
a été également installé.
La Constitution du Congo adoptée par référendum le 15 mars 1992 est suspendue. Notons
pour mémoire quelle instituait un régime semi-présidentiel avec le chef de
l'État, Président de la République, élu au suffrage universel direct pour un mandat de
cinq ans renouvelable une fois. Il nomme un Premier ministre, chef de gouvernement dans la
majorité parlementaire. Le pouvoir législatif était exercé par un Parlement composé
de deux chambres : le Sénat et l'Assemblée nationale. Lassemblée comptait 125
membres élus au suffrage universel direct et le Sénat, pourvu en 1992, comptait 60
membres élus au scrutin indirect.
En matière constitutionnelle, cest le Conseil constitutionnel composé de 9 membres
qui est compétent. Il connaît de lensemble du contentieux électoral, y compris
les élections locales et le référendum ainsi que du contrôle de constitutionnalité
des lois. Ses décisions ne sont pas susceptibles de recours. Il a été mis en place peu
de temps avant la fin du mandat du Président Lissouba.
En septembre 2001, le Conseil National de transition (CNT), parlement provisoire a adopté
un projet de constitution proposé par le gouvernement qui sera approuvé par référendum
à la fin de l'année.Ce projet de nouvelle constitution prévoit un régime
présidentiel, conférant au président de la république de larges pouvoirs. Élu au
suffrage universel direct, pour un mandat de sept ans renouvelable une fois, le président
de la république est l'unique détenteur du pouvoir exécutif. Il nommera les ministres
et les démettra. Les ministres seront responsables devant lui. Le projet prévoit un
parlement bicaméral avec une Assemblée nationale et un Sénat ainsi quun statut de
l'opposition.Après le référendum constitutionnel, le gouvernement élaborera en
collaboration avec le parlement de transition le calendrier des élections
présidentielle, législatives et locales.
Ladministration congolaise a évolué dans un contexte institutionnel dexcessive centralisation. Le Chef de l'État est le Chef de ladministration. Lautorité de l'État est assurée au niveau des circonscriptions administratives du pays par les préfets et gouverneurs des régions. Ladministration a des organes déconcentrés au niveau des localités du pays. La guerre civile qui a ravagé le pays na pas épargné tant au niveau humain que matériel.
La fonction publique du Congo est régie par la Loi
n°021/89 du 14 novembre 1989 qui fixe les organes de gestion de la fonction publique et
détermine leur compétence, défini les règles de gestion des emplois et des agents et
établit le statut de la fonction publique. Les institutions de la fonction publique sont
: les organes de gestion de la fonction publique, le Haut Comité de la Fonction Publique,
le Conseil Supérieur de la Fonction Publique, les instances disciplinaires de la fonction
publique. En principe, les agents sont recrutés par voie de concours. Les corps des
fonctionnaires sont classés et répartis suivant le niveau fixé pour le recrutement des
agents qui le composent en trois catégories désignées dans lordre hiérarchique
décroissant par les chiffre I, II, III. La catégorie I comporte trois échelles :
échelle 1 (Doctorat ou équivalent), échelle 2 (DSS ou équivalent), échelle 3
(Diplôme dingénieur des travaux publics ou équivalent) ; La catégorie II
comporte également trois échelles à savoir : échelle 1(Baccalauréat ou équivalent
suivi de deux années dexpérience professionnelle), échelle 2 (Baccalauréat ou
Brevet détude suivi de deux années dexpérience), échelle 3 (Brevet
d'Études Moyenne ou reconnu équivalent) ; La Catégorie III comporte également trois
échelles à savoir : échelle 1 (Certificat détudes primaires suivi de deux ans de
formation professionnelle), échelle 2 (certificat détudes primaires
élémentaires), échelle 3 (sans diplôme reconnu par l'État).
Sous le régime de la constitution de 1992, il partageait cette prérogative avec le
Premier Ministre. En matière de gestion de la fonction publique, le Ministère de la
fonction publique avait également un pouvoir dappréciation. Mais avec le
changement constitutionnel opéré par lActe Fondamental du 24 octobre 1997
instaurant un régime présidentiel, un nouveau partage du pouvoir est instauré au niveau
de lexécutif. Le Président de la République signe les actes relatifs au
recrutement du personnel civil de l'État catégorie 1 et le Ministre de la fonction
publique et des réformes administratives signe les actes relatifs à la gestion du
personnel civil de l'État des catégories II et III.
La fonction publique congolaise est lune des plus importantes dAfrique au
regard de la taille de la population totale du pays. De 80000 en 1986, elle est passée à
105000 en 1997. Depuis 1992, l'État congolais na pas été en mesure dassurer
le payement régulier des salaires. Ces arriérés étaient de 4 mois en 1992, sont
estimés à 29 mois en 2001. Entre 1992 et 1993, la masse salariale a absorbé 86% des
recettes annuelles de l'État. Pour tenter de rectifier cette tendance, le Gouvernement a
décidé pour lannée 2000 le plafonnement de la masse salariale autour de 104
milliards de FCFA et a annoncé au début de lannée 2001 le payement des arriérés
des salaires remontant à lannée 1992. Cette masse salariale a été gonflée, en
partie, du fait des conflits armés que le pays a connu et le recours systématique à la
solution du recrutement des miliciens issus des partis politiques comme mesure visant à
ramener la paix.
Pourtant le Gouvernement a entrepris au milieu des années 90, des efforts en vue
dadapter les charges salariales aux capacités du pays. Dans ce cadre, lâge
de la retraite a été ramené à 55 ans pour les fonctionnaires et contractuels de la
catégorie I et à 50 ans pour les fonctionnaires de la catégorie II. Mais pour échapper
à ces mesures et continuer à conserver le statut et les avantages qui en découlent,
certains agents ont rectifié leur date de naissance pour ne pas subir la limite
dâge imposée pour le départ à la retraite. De même, les gouvernements
successifs ont reculé plusieurs fois dans leur politique de licenciement des
fonctionnaires. En 1995, environ 10000 fonctionnaires ont été licenciés peu avant la
visite dune mission du FMI, mais cette mesure est restée théorique car elle n'a
pas été concrétisée. En 2001, les mesures de suppression des indemnités et primes de
la fonction publique, annoncées par le Ministre des Finances, ont été annulées par la
Présidence de la République, après la menace des syndicats, notamment la Fédération
Nationale des Travailleurs de lEnseignement du Congo, regroupant 14000
fonctionnaires, daller en grève.
Le Ministère de la fonction publique et de la réforme administrative a reçu pour
mission de régler environ 3000 dossiers de fonctionnaires, en souffrance depuis plusieurs
années. Ces dossiers sont relatifs à diverses situations administratives relevant de la
gestion du personnel civil de l'État, notamment les avancements, reclassements,
révisions de carrière, mouvements du personnel, mise en stage, admissions à la
retraite.
Dans la même optique, ladministration sest fixée comme objectif de
rationaliser les effectifs de la fonction publique par la constitution dune base de
données unique pour la gestion administrative et financière des agents civils de
l'État. Le recensement physique des agents de l'État sera une étape de ce processus sur
lequel sest engagé le Gouvernement. A la suite d'un travail d'évaluation physique
des effectifs de la fonction publique, 9210 salaires ont été suspendus en attendant que
les bénéficiaires apportent la justification de leur statut. Malgré ces mesures
d'assainissement du fichier, la masse salariale devra atteindre 119 milliards de FCFA à
la fin de l'année 2001 selon certaines prévisions alors que les institutions
financières internationales veulent qu'elle ne dépasse pas les 104 milliards.
Dans le prolongement des mesures visant à l'amélioration des recettes de l'État, le
gouvernement envisage de procéder à une évaluation du système actuel de collecte des
recettes. Les services-cibles de cette évaluation sont : la Direction Générale des
Douanes, la Direction Générale des Taxes et la Trésorerie Générale. Il sagira
notamment didentifier les faiblesses et de procéder à des propositions pour
améliorer la qualité du service en vue dun rendement élevé. Dans ce cadre, un
appui de la coopération française a été sollicitée pour linformatisation du
Ministère des Finances et renforcer la surveillance de lexécution du budget. Le
Fonds Monétaire International veut sassurer que toutes les recettes pétrolières
soient versées au trésor dans le cadre de la transparence des relations entre l'État et
la Société Nationale de Pétrole Congolaise (SNPC). Aussi, le programme de privatisation
a été lancé en vue d'appuyer les efforts de restructuration du secteur public. Il
concerne plusieurs entreprises publiques dont : la nouvelle société de distribution
deau, la Société Nationale d'Électricité (SNE), lOffice Nationale des
Postes et Télécommunications (ONPT) qui sera scindée en deux organismes, la Poste
dun côté et les télécommunications de lautre à travers la SOTELCO. La
privatisation concerne aussi le secteur pétrolier et celui des chemins de fer. Ces
mesures de privatisations rapporteront au gouvernement des ressources estimées à 25
milliards de F CFA qui seront dans un compte du Trésor national domicilié à la Banque
centrale.
Le système judiciaire congolais na
pas été épargné par la guerre civile qui a embrasé le pays. Les conflits politiques
qui ont secoué le pays sont en partie le résultat de la faiblesse de lappareil
judiciaire et des difficultés de mise en uvre des décisions rendues. Le statut des
magistrats et les conditions matérielles de travail ont contribué à renforcer leur
dépendance et à affaiblir leur crédibilité. Le Gouvernement issu de la guerre civile
de 1997 a engagé, au plan formel, des réformes touchant à lorganisation de la
justice, la répartition des compétences, le statut des magistrats et les procédures de
leur désignation.
L'organisation territoriale de la justice se caractérise par un ordre unique de
juridiction qui comprend du sommet à la base : la Cour suprême, la Cour des comptes, les
Cours d'appel, les tribunaux de Grande Instance, les Tribunaux administratifs, les
Tribunaux de commerce, les Tribunaux d'instance, les Tribunaux de travail.
Le gouvernement a adopté une série de lois modifiant et complétant l'ancienne
législation en matière d'organisation et de fonctionnement de la justice. c'est dans ce
cadre que fut adoptée la loi n°17-99 du 15 avril 1999 qui complète et modifie certaines
dispositions de la loi n°025-92 du 20 août 1992 et la loi n°30-94 du 18 octobre 1994
portant organisation et fonctionnement de la Cour suprême du Congo. Au terme de la
nouvelle loi, la Cour est composée d'un Premier Président, d'un vice-président, de cinq
Présidents de Chambre et de seize juges. Elle est subdivisée en plusieurs formations
dont une Chambre administrative et constitutionnelle, une Chambre pénale et une Chambre
commerciale.
La Cour des comptes est la juridiction compétente en matière de gestion financière et
comptable des deniers de l'État, des collectivités locales, des établissements publics,
quel que soit leur caractère, des entreprises d'État, des entreprises d'économies
mixtes, des organismes de prévoyance et de sécurité sociale, des organismes
subventionnés. Dans le cadre des réformes engagées en relations avec les institutions
de Bretton Woods, cette juridiction est appelée à jouer un rôle important dans le
contrôle des finances publiques.
La Cour des comptes est composée d'un Président, d'un vice-président, de quatre
Présidents de Chambres et de Conseillers. Ces conseillers sont nommés par décret pris
en Conseil des Ministres sur proposition conjointe du Ministre de la justice et du
Ministre des finances pour les fonctionnaires et par décret du Président de la
République sur proposition du Conseil supérieur de la magistrature pour les magistrats.
Les Cours dAppels constituent le maillon intermédiaire entre les hautes
juridictions et les juridictions de bases. Elles connaissent en dernier ressort des appels
des jugements rendus en premier ressort par les Tribunaux de Grande Instance, les
Tribunaux dInstance, les Tribunaux de Travail, les Tribunaux Administratifs, les
Tribunaux de Commerce, les Tribunaux Militaires et généralement des jugements rendus en
premier ressort seulement par toute juridiction de leur ressort pour laquelle aucune
juridiction spéciale dappel nest désignée par la loi.
Les conflits politiques qui ont secoué le pays nont pas épargnés les
infrastructures judiciaires et des bâtiments ont été endommagés. Avec le retour de la
paix, un programme de réhabilitation a été annoncé par le Ministre de la justice. Dans
le même cadre, le Gouvernement a créé 4 Tribunaux de grande instance dans les
circonscriptions de Gamboma, Ewo, Mouyondzi et Mossendjo qui viennent sajouter à la
dizaine de juridictions du même type dans le pays.
La Chambre Administrative et
constitutionnelle est la plus haute juridiction en matière administrative depuis la Loi
n°17-99 du 15 avril 1999. Elle reçoit les recours formés notamment contre les
décisions des Cours des Comptes. La Cour dAppel est compétente pour examiner les
jugements rendus par les Tribunaux administratifs.
Le Tribunal administratif est, en matière administrative, juge de droit commun en premier
ressort, et au plan contentieux, il est compétent pour interpréter les décisions des
diverses autorités administratives et apprécier leur régularité juridique, à la
demande de lune des parties sans pouvoir en prononcer lannulation qui est de
la compétence de la Cour Suprême. Le Tribunal est également compétent pour connaître
de toutes les actions tendant à faire déclarer débitrices les collectivités publiques,
du contentieux des contributions perçues par les collectivités publiques, de tous les
litiges portant sur les avantages pécuniaires ou statutaires reconnus aux fonctionnaires
et Agents publics des diverses administrations, des actions intentées par les
administrations contre les particuliers, ou dautres administrations
lorsquelles se rapportent à des relations relevant du droit public. Le Tribunal
administratif comprend des magistrats du siège nommés par décret du Président de la
République sur proposition du Conseil Supérieur de la magistrature. Chaque Tribunal
comprend trois magistrats dont un Président, un vice-président et un juge du siège.
La volonté décentralisatrice est vieille
au Congo. La constitution adoptée le 24 juin 1973, sous le mandat de Marien Ngouabi a
déjà tenté la décentralisation des organes de décision et des finances publiques.
Quelques années plus tard, en juillet 1979, une nouvelle Constitution sera adoptée qui,
selon les préoccupations du gouvernement du Président Sassou, poursuit une
décentralisation en faveur des régions et des communes.
Des élections locales ont été organisées le 3 mai 1992 durant la transition. Elles ont
été remportées par lUPADS de Pascal Lissouba et le MCDDI de Bernard Kolélas sur
fond de préférences régionales et de contestation du PCT fidèle au général Sassou
Ngesso. Le mandat des élus locaux na pu être renouvelé en raison de la guerre
civile. La loi 17/95 du 14 septembre 1995 détermine le cadre de la décentralisation mais
le processus est suspendu à linstar de lensemble du processus démocratique.
Le Congo est structuré en 10 régions administratives, 76 sous-préfectures et 7 communes
urbaines. Les communes urbaines sont : Brazzaville (100 km2, 909 542 habitants),
Pointe-Noire (45 km2), Dolisie (18 km2), Nkayi (8 km2), Mossendjo, Ouesso et Owando.
Avant la dissolution des institutions qui a
suivi le coup dEtat, seize partis à envergures contrastées siégeaient au sein de
l'Assemblée nationale. Les plus importants étaient lUnion panafricaine pour la
démocratie sociale (UPADS) de Pascal Lissouba, le Parti congolais du travail (PCT) de
Denis Sassou Nguesso, le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement
intégral (MCDDI) de Bernard Kolélas, le Rassemblement pour la démocratie et le
développement (RDD) de Jacques Yhombi Opango, lUnion démocratique pour le
renouveau (UDR), dAndré Milongo, le Rassemblement pour la démocratie et le
progrès social (RDPS ) de Jean Pierre Thystère-Tchicaya.
On trouvait aussi lAlliance nationale pour la démocratie (AND), une coalition d'une
quarantaine de partis, le Parti social démocrate congolais (PSDC), lUnion des
forces démocratiques (UFD), lUnion nationale pour la démocratie et le progrès
(UNDP), lUnion républicaine pour le progrès (URP).
Les principaux partis de lex-mouvance présidentielle (UPADS, MCDDI ...) ont été
déstructurés à la suite de la défaite et du départ en exil de leurs leaders.
Des petits partis ont participé au forum de janvier 1998 et soutiennent le nouveau
régime.
Il existe la CSC (Confédération syndicale congolaise) et des syndicats sectoriels autonomes. La guerre na pas épargné les syndicats qui se sont parfois engagés aux côtés des différentes factions en conflit. Le paysage syndical reste à reconstruire au Congo.
La Constitution de mars 1992 stipulait que le Congo adhère aux principes proclamés par la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples de 1981, à la Charte de lunité nationale et la Charte des droits et libertés adoptées lors de la Conférence nationale. Les bilans des deux guerres civiles de 1993-1994 et de 1997 sont respectivement estimés à 2000, puis 10 à 15000 morts, sans compter les blessés et les centaines de milliers de réfugiés. La situation de guerre a donné et donne encore lieu à toutes sortes dexactions et de règlements de comptes sur fond de lutte ethno-régionale. Amnesty international dénonce chaque année dinnombrables violations des droits de lhomme au Congo. Depuis décembre 1998, la reprise des actions armées par les milices rebelles et les offensives des troupes fidèles au Président Sassou Nguesso conduisent à de nombreuses exécutions sommaires de part et dautre et à lexode des populations civiles qui fuient les combats et les exactions. En septembre 99, en signe dadhésion au respect des droits de lhomme, les autorités ont annoncé leur intention de créer des tribunaux militaires à Brazzaville et Pointe Noire pour juger les éléments des forces loyalistes au régime, accusés de graves violations des droits de lhomme et autres crimes.
La presse congolaise a connu une explosion de titres depuis 1990. On pouvait relever entre autres avant la guerre, La Semaine Africaine, Mweti, Etumba, Tam-tam, Révélation, Le Soleil, Le Rayon, Aujourdhui, LUbs, La Ruche. La plupart de ces titres étaient engagés aux côtés des formations politiques. Avec la victoire militaire de Denis Sassou Ngesso, on assiste à une reprise en main de la presse par la censure et les intimidations qui conduisent en retour, à lautocensure des journalistes. Les organisations de défense des droits de lhomme rapportent des cas darrestation ou dintimidation des journalistes dans lexercice de leur métier.
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