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La mise à jour de cette
notice a été faite par M. Sory Baldé,
étudiant au CEAN, IEP-Université Montesquieu-Bordeaux IV
Lexpérience du pluralisme politique
ébauchée par le président Léopold Sédar Senghor sous légide du Parti
Socialiste (PS) sest poursuivie avec son ancien Premier ministre, Abdou Diouf, dont
la tâche sera de gérer au mieux lhéritage de son prédécesseur voire de le
consolider. Cet héritage se trouve dans la position hégémonique que le PS a toujours
eue depuis laccession du pays à lindépendance et qui sest construite
soit par absorption du seul parti dopposition légale en juin 1966, soit par
révision de la Constitution pour instaurer par la loi 76-26 du 16 avril 1976 un
multipartisme contrôlé et limité à trois partis.
Sous le président Senghor, le PS a plutôt fonctionné comme un parti unique de fait, et
il faut attendre larrivée dAbdou Diouf au pouvoir en décembre 1980 pour que
le Sénégal adopte le 24 avril 1981 le « multipartisme intégral » censé transformer
le PS lui-même plus en parti politique quen arène de rivalités entre barons et de
distribution des dépouilles quil est. Depuis cette date une quinzaine de partis
politiques va se créer et tout lenjeu politique est darriver à faire
fonctionner les institutions et à jouer la règle de lalternance démocratique dans
la transparence.
Ce qui a caractérisé le pouvoir Diouf, cest sa capacité à rebondir pour
consolider lhéritage senghorien lorsquil y a péril en la demeure. Abordant
son pouvoir dans une position de faiblesse politique (lopposition dans son ensemble
et son principal rival Abdoulaye Wade en particulier contestent sa légitimité) et de
crise économique sans précédent renforcée par les effets pervers des plans
dajustement structurel (chômage des diplômés, paupérisation croissante des
populations urbaines et rurales avec la montée de mécontentements sociaux et du
séparatisme casamançais, etc.), Abdou Diouf se révèle plutôt un habile politicien
dans le contrôle de lappareil dEtat et le renouvellement de la classe
politique. Malgré un contexte défavorable, il remporte les élections présidentielles
de février 1983 avec 83,5% des voix. Le PS remporte les législatives avec 79,9% et 111
des 120 sièges. Il nest plus le successeur désigné du président Senghor, mais un
Président à part entière, légitimé par les urnes avec le soutien des puissantes
confréries maraboutiques et face une opposition de plus en plus fragmentée.
Si les présidentielles et les législatives de février 1988 lui donnent encore la
victoire, cest avec des scores effrités (respectivement 73% et 71,3%) et surtout,
selon lopposition, grâce à de graves irrégularités qui loin dapaiser la
vie politique, lont plutôt exacerbée. Paradoxalement cest le chef de file de
lopposition Abdoulaye Wade du Parti démocratique sénégalais (PDS) qui sort grandi
de ces consultations électorales. Le climat post-électoral est si explosif quil va
entraîner des émeutes et des violences urbaines structurées autour du slogan « sopi »
(changement). La fermeté du pouvoir qui arrête et traduit en justice A. Wade rendu
responsable des violences, ne fait que conférer une aura de victime et de héros à ce
dernier. Pour décrisper la situation tendue, une table ronde est organisée entre le
pouvoir et lopposition dont une partie (A. Wade en loccurrence, contre toute
attente) accepte de rentrer au gouvernement. Lors des élections présidentielles de
février 1993, le scénario se renouvelle pratiquement à lidentique : fraudes
électorales, violences, arrestation de certains chefs de lopposition qui libérés
finissent par entrer au gouvernement. Mais ce qui est remarquable cest la poursuite
de leffritement des voix du chef de lEtat qui nengrange que 58,4% des
suffrages contre 32,03% à A. Wade. Aux élections législatives de mai 1993, le PS
enlève 84 des 120 sièges contre 27 au PDS, dont le leader entre à nouveau dans un
gouvernement douverture en mars 1995.
En novembre 1996, se tiennent les élections régionales, municipales et rurales. Le PS,
que lon pensait affaibli, remporte largement ces scrutins : 300 communautés rurales
sur 320, 56 mairies sur 60, lensemble des dix régions, 38 mairies
darrondissement sur 43 de la communauté urbaine de Dakar qui est de ce fait
dirigée par un maire PS. De même, les élections législatives du 24 mai 1998 à
loccasion desquelles le nombre de députés a été porté de 120 à 140, ont été
remportées par le parti au pouvoir qui enlève 93 sièges. Le PDS en gagne 23, lURD
11, And Jëf 4. Onze partis en tout sont représentés dans la nouvelle Assemblée au
terme dun processus une fois de plus contesté par lopposition qui a réclamé
son annulation sans succès. De ce fait, les partis dopposition ont majoritairement
boycotté lélection sénatoriale de février 1999, un scrutin indirect dont le
corps électoral comprend les conseillers élus lors des locales de novembre 1996 déjà
contestées. La politique de la chaise vide a permis au PS de remporter la totalité des
48 sièges, en plus des 12 sièges pourvus par décret du Président de la République.
Le Sénégal, un des rares pays africains cités depuis les années 70 pour son
expérience pluraliste, qui tranchait avec les systèmes de parti unique.
Lopposition na pas réussi à obtenir la création dune commission
électorale indépendante. Le pouvoir a concédé simplement un observatoire national des
élections (ONEL), dont la direction est confiée à un Général à la retraite,
contesté par lopposition en raison de ses sympathies affichées à légard du
PS. Le pouvoir a entrepris des modifications de la loi électorale. Ainsi en août 1998,
par les lois 39/98 et 42/98, la majorité PS à lAssemblée nationale a modifié le
code électoral et a supprimé deux dispositions constitutionnelles essentielles dans
loptique de lalternance : celle (art. 21) qui limite le nombre de mandats
présidentiels à deux (il est désormais renouvelable indéfiniment) et celle du quart
bloquant (art. 28), qui impose un deuxième tour si un candidat à la présidence dispose
de la majorité absolue au premier tour, sans rassembler un quart des voix des électeurs
inscrits.
Malgré quelques contestations liées aux préparatifs, le scrutin présidentiel se
déroulera dans le calme. Au premier tour tenu le 27 février 2000, le Président Abdou
Diouf du Parti Socialiste ne recueille que 41,3% des voix se trouvant ainsi, pour la
première fois, à un second tour contre son rival Abdoulaye Wade (PDS) arrivé second
avec 30,1% des voix. Ces deux candidats sont suivis par Moustapha Niasse de lAFP
(16,8%), Djibo Leyti Kâ de lURD (7,1%), Iba Der Thiam du CDP (1,2%), Serigne
Ousseynou Fall (1,1%), Cheikh Abdoulaye Dieye (1,0%) et Mademba Sock (0,1%). Au second
tour tenu le 19 mars 2000, grâce au ralliement de plusieurs candidats dont Moustapha
Niasse, Abdoulaye Wade est élu Président de la République avec 58,5% des voix contre
41,5% pour Abdou Diouf. Cest la première fois depuis lindépendance du pays
que lon assiste à une alternance démocratique grâce à une coalition dénommée
Front de lAlternance (FAL) . Le Président Abdoulaye Wade nomme Moustapha Niasse au
poste de Premier ministre et il forme un gouvernement composé de tous les partis qui lui
ont apporté leur soutien électoral. Il organise le 7 janvier 2001 un référendum
constitutionnel en vue de se donner les moyens institutionnels de mettre en uvre le
« Sopi » (changement) promis aux Sénégalais. LAssemblée nationale issue des
élections de 1998 et dominée par le Parti Socialiste sera dissoute en février 2001 et
de nouvelles élections législatives sont organisées en avril 2001.
Une nouvelle constitution a été
approuvée par 92,5% des électeurs lors du référendum organisé le 7 janvier 2001 avec
un taux de participation de 66%. La promulgation de la nouvelle constitution donne au
Président Wade le moyen de dissoudre lancienne Assemblée nationale en vue de
nouvelles législatives conforme à la nouvelle donne politique du Sénégal. La mise en
uvre de la nouvelle constitution a entraîné un certain nombre de réformes
institutionnelles dont :
La suppression du Sénat et du Conseil Economique et Social ;
La dissolution de lAssemblée nationale et
lorganisation délections législatives anticipées ;
La réduction du nombre de députés à 120.
Présentation de
lAssemblée nationale
LAssemblée nationale est linstitution où le peuple délègue ses
représentants appelés députés, pour exercer le pouvoir législatif. Elle vote la loi,
contrôle lactivité gouvernementale, peut provoquer la démission du Gouvernement
par le vote dune motion de censure.
Rôle législatif
La loi est votée par lAssemblée nationale. Linitiative de la loi appartient
au Président de la République (projets de loi), et aux députés (proposition de lois).
Les projets ou propositions de lois sont soumis à lAssemblée nationale. Lorsque le
projet ou la proposition de loi est adopté par lAssemblée nationale, la loi est
transmise sans délai au Président de la République pour promulgation.
Contrôle
parlementaire
Les députés peuvent poser aux membres du Gouvernement, qui sont tenus dy
répondre, des questions écrites et des questions orales. Les questions écrites sont
transmises au Président de lAssemblée nationale qui les transmet au Président de
la République.
Faute par le membre du Gouvernement davoir répondu à une question écrite dans un
délai de quinze jours, la question écrite est transformée en question orale et portée
à lordre du jour dune séance par la Conférence des Présidents.
Lassemblée nationale peut désigner en son sein des commissions denquête.
Elle peut aussi provoquer la démission du Gouvernement par le vote dune motion de
censure.
Fonctionnement
Le Président dirige les débats. Il préside les réunions du Bureau et de la Conférence
des Présidents. Les services administratifs de lAssemblée Nationale sont placés
sous lautorité du Président assisté des questeurs et du Secrétaire général.
Les Vice-présidents suppléent le Président dans lexercice de ses fonctions,
suivant lordre de leur élection. En tout état de cause, trois Vice-présidents
seront présents sur le territoire de la République dune manière permanente.
Les secrétaires élus assistent aux réunions du Bureau et à la Conférence des
Présidents. Ils dressent le procès verbal analytique et en donnent lecture, si elle est
demandée, inscrivent les noms des députés qui demandent la parole, contrôlent les
appels nominaux, constatent les votes à main levée ou par assis et levé, dépouillent
les scrutins, contrôlent les délégations de vote, enregistrent les sanctions en vue de
lapplication des dispositions du Règlement intérieur de lAssemblée
Nationale relatives au régime disciplinaire des députés.
Le Secrétaire général et le Secrétaire général adjoint sont choisis parmi les agents
de lÉtat de la hiérarchie A. Ils coordonnent les activités des huit directions
que compte lAssemblée nationale.
Les Questeurs, sous la haute direction et le contrôle du Président, sont chargés des
services du matériel et des finances de lAssemblée. Ils préparent, sous la
direction du Président et en accord avec le Bureau, le budget de lAssemblée
quils rapportent devant la Commission des Finances.
Le pouvoir
exécutif
Le Président de la République est le gardien de la
Constitution. Il est le premier Protecteur des Arts et des Lettres du Sénégal. Il
incarne lunité nationale. Il est le garant du fonctionnement régulier des
institutions, de lindépendance nationale et de lintégrité du territoire. Il
détermine la politique de la Nation. Il préside le Conseil des Ministres
Le Président de la République est responsable de la Défense nationale. Il préside le
Conseil supérieur de la Défense nationale et le Conseil national de Sécurité. Il est
le chef suprême des Armées ; il nomme à tous les emplois militaires et dispose de la
force armée.
Election du
Président de la République
Le Président de la République est élu au suffrage universel direct et au scrutin
majoritaire à deux tours. La durée du mandat du Président de la République est de cinq
ans. Le mandat est renouvelable une seule fois.
Organisation de la
présidence de la république
Pour son action, le Président de la République sappuie sur le Gouvernement, le
Cabinet, le Secrétariat général et les autres services et organismes de la Présidence
de la République.
La Présidence de la République comprend lensemble des services destinés à
permettre au chef de lEtat dassumer ses missions constitutionnelles. Ces
services sont placés sous lautorité du Ministre dEtat, Directeur de Cabinet
du Président de la République.
Le chef de lEtat est assisté par des conseillers personnels, des conseillers
spéciaux, des conseillers techniques et des chargés de mission nommés par arrêté
présidentiel.
La Présidence de la République est représentée à toutes les réunions
interministérielles.
La Présidence de la République comprend :
Le Cabinet et les services rattachés ;
Le Secrétariat général de la Présidence de la République et
les services rattachés.
Le Président de la République nomme
également le Premier Ministre qui est le chef du Gouvernement. Le Président de la
République peut, après avoir recueilli lavis du Premier Ministre et celui du
Président de lAssemblée Nationale, prononcer, par décret, la dissolution de
lAssemblée Nationale.
Le Gouvernement conduit et coordonne la politique de la Nation sous la direction du
Premier Ministre. Il est responsable devant le Président de la République et devant
lAssemblée Nationale qui peut provoquer la démission du Gouvernement par le vote
dune motion de censure.
Le pouvoir judiciaire est indépendant du
pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il est exercé par le Conseil
constitutionnel, le Conseil dEtat, la Cour de Cassation, la Cour des Comptes et les
Cours et Tribunaux.
La loi prévoit aussi un Conseil supérieur de la magistrature, une Haute Cour de justice
devant laquelle les membres de lexécutif répondent de leurs actes. Le Conseil
dEtat est juge en premier et dernier ressort de lexcès de pouvoir des
autorités exécutives. La Cour de cassation se prononce par voie du recours en cassation
sur les jugements rendus en dernier ressort par les juridictions inférieures.
Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il
est exercé par le Conseil constitutionnel, le Conseil dEtat, la Cour de Cassation,
la Cour des Comptes et les Cours et Tribunaux.
Dans les détails, le pouvoir judiciaire est organisé comme suit :
Le Conseil constitutionnel comprend cinq membres dont un président, un vice-président et
trois juges. La durée de leur mandat est de six ans. Le Conseil est renouvelé tous les
deux ans à raison du président ou de deux membres autres que le président, dans
lordre qui résulte des dates déchéance de leurs mandats
Les membres du Conseil constitutionnel sont nommés par le Président de la République.
Les conditions à remplir pour pouvoir être nommé membre du Conseil constitutionnel sont
déterminées par la loi organique Le mandat des membres du Conseil constitutionnel ne
peut être renouvelé.
Il ne peut être mis fin aux fonctions des membres du Conseil constitutionnel avant
lexpiration de leur mandat que sur leur demande ou pour incapacité physique, et
dans les conditions prévues par la loi organique.
Les magistrats autres que les membres du Conseil constitutionnel et de la Cour des Comptes
sont nommés par le Président de la République après avis du Conseil supérieur de la
Magistrature. Les magistrats de la Cour des Comptes sont nommés par le Président de la
République après avis du Conseil supérieur de la Cour des Comptes.
Les juges ne sont soumis quà lautorité de la loi dans lexercice de
leurs fonctions. Les magistrats du siège sont inamovibles. La compétence,
lorganisation et le fonctionnement du Conseil supérieur de la Magistrature ainsi
que le statut des magistrats sont fixés par une loi organique. Cette disposition est
valable pour lorganisation de la Cour des Comptes. Le pouvoir judiciaire est gardien
des droits et libertés définis par la Constitution et la loi.
Le Conseil constitutionnel connaît de la constitutionnalité des lois et des engagements
internationaux, des conflits de compétence entre lexécutif et le législatif, des
conflits de compétence entre le Conseil dEtat et la Cour de Cassation, ainsi que
des exceptions dinconstitutionnalité soulevées devant le Conseil dEtat ou la
Cour de Cassation.
Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles daucune voie de
recours. Elles simposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités
administratives et juridictionnelles.
Le Conseil dEtat est juge en premier et dernier ressort de lexcès de pouvoir
des autorités exécutives. Il connaît des décisions de la Cour des Comptes par la voie
du recours en cassation. Il est compétent en dernier ressort dans le contentieux des
inscriptions sur les listes électorales et des élections aux conseils des collectivités
territoriales. Il connaît, par la voie du recours en cassation, des décisions des Cours
et Tribunaux relatives aux autres contentieux administratifs, à lexception de ceux
que la loi organique attribue expressément à la Cour de Cassation.
En toute autre matière, la Cour de Cassation se prononce par la voie du recours en
cassation sur les jugements rendus en dernier ressort par les juridictions subordonnées.
La Cour des Comptes juge les comptes des comptables publics. Elle vérifie la régularité
des recettes et des dépenses et sassure du bon emploi des crédits, fonds et
valeurs gérés par les services de lEtat ou par les autres personnes morales de
droit public. Elle assure la vérification des comptes et de la gestion des entreprises
publiques et organismes à participation financière publique. Elle déclare et apure les
gestions de fait. Elle sanctionne les fautes de gestion commises à légard de
lEtat, des collectivités locales et des organismes soumis à son contrôle.
Sauf cas de flagrant délit, les membres du Conseil constitutionnel ne peuvent être
poursuivis, arrêtés, détenus ou jugés en matière pénale quavec
lautorisation du Conseil et dans les mêmes conditions que les membres du Conseil
dEtat, de la Cour de Cassation et de la Cour des Comptes.
De même, sauf cas de flagrant délit, les membres du Conseil dEtat, de la Cour de
Cassation et de la Cour des Comptes ne peuvent être poursuivis, arrêtés, détenus ou
jugés en matière pénale que dans les conditions prévues par la loi organique portant
statut des magistrats.
Des lois organiques déterminent les autres compétences du Conseil constitutionnel, du
Conseil dEtat, de la Cour de Cassation et de la Cour des Comptes ainsi que leur
organisation, les règles de désignation de leurs membres et la procédure suivie devant
elles.
Comme les autres Etats africains, le Sénégal a hérité
dun Etat jacobin très centralisé. Des politiques daménagement du territoire
ainsi que des réformes administratives ont été mises en place afin de rapprocher
lEtat des administrés et de favoriser une démocratie locale. Cest ainsi
quen 1960 les 30 communes existantes deviennent des communes de plein exercice. Le
30 juin 1966, une loi instituant le code dadministration communale est votée. Le 4
juillet de la même année un décret fixe le régime financier des collectivités
locales.
En 1972 la loi du 19 avril fait passer le nombre des communes à 37 et crée des
communautés rurales érigées en collectivités locales. En février 1983, il est crée
à Dakar une communauté urbaine. En octobre 1992 les communes et communautés rurales
sont dotées dune autonomie financière et de la personnalité morale. Onze communes
supplémentaires sont créées. En avril 1992 est mise en place la politique de
régionalisation. Les régions et les départements sont érigés en collectivités
territoriales aux attributions élargies. La décentralisation est régie depuis 1996 par
la loi 96-07 du 22 mars 1996 portant transfert des compétences aux régions, communes et
communautés rurales. Depuis les dernières élections locales de novembre 1996, le
Sénégal compte 400 collectivités territoriales administrées par 24 000 conseillers.
Les représentants déconcentrés de lEtat assurent la tutelle à chaque échelon de
ladministration territoriale.
Lalternance politique intervenue début 2000 va des changements dans le processus de
décentralisation. Mais le président Wade a promis de ne pas prendre directement de
mesures de dissolution concernant les collectivités locales en attendant lélection
dune nouvelle assemblée qui sera chargée détudier cette question.
Le Sénégal est lun des rares pays
africains a avoir renoué avec le multipartisme dans les années 70. Certes limité en
1976, le pluralisme est devenu intégral en 1981. Jusquen octobre 2000, 57 partis
politiques avaient été officiellement enregistrés. Mais une quinzaine de partis qui
noue et dénoue leurs alliances suivant leur stratégie politique de conquête de pouvoir
sorte du lot. Après les législatives de mai 1998, onze partis sont représentés à
lAssemblée nationale.
On peut citer : le Parti Socialiste (PS) de lancien Président Abdou Diouf, dirigé
actuellement par Ousmane Tanor Dieng, le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) de
Abdoulaye Wade qui sont les deux principales forces politiques du pays.
Viennent ensuite deux nouveaux partis créés par des dissidents du Parti Socialiste :
lAlliance des Forces de Progrès (AFP) de Moustapha Niasse et lUnion pour
Renouveau Démocratique (URD) de Djibo Leyti Kâ. On peut noter également And
Jëf(AJ-PADS) de Landing Savané, Convention des Démocrates et des Patriotes (CDP) de Iba
Der Thiam, le Parti de lIndépendance et du Travail (PIT) de Amath Dansokho, le
Parti Africain de lIndépendance (PAI) de Majhemout Diop, le Parti Démocratique du
Sénégal/Rénovation (le DS/R), le Mouvement Républicain Sénégalais (MRS), le
Rassemblement National Démocratique (RND), le Mouvement Démocratique Populaire (MDP); la
Ligue Démocratique/Mouvement pour le Travail (LD/MPT), lUnion pour la Démocratie
Populaire (UDP), le Parti Populaire Sénégalais (PPS), lOrganisation Socialiste des
Travailleurs (OST), la Ligne Communiste des Travailleurs (LCT), le Parti Africain de
lIndépendance des Masses (PAI/M), le Parti pour la Libération du Peuple (PLP).
La Constitution du 7 janvier 2001 garantit aux partis politiques qui s'opposent à la
politique du Gouvernement le droit de s'opposer. La loi définit leur statut et fixe leurs
droits et devoirs
. L'opposition parlementaire est celle qui est représentée à l'Assemblée nationale par
ses députés.
La Constitution reconnaît et garantit le
droit syndical ainsi que le droit de grève. Le pays compte plusieurs syndicats sectoriels
par branches dactivité et des confédérations syndicales qui pèsent beaucoup sur
la vie politique et sociale. Le Sénégal est un des rares pays africains francophones a
avoir une société civile assez dynamique.
Parmi les syndicats, on peut citer : le Syndicat unique de lenseignement laïc,
lUnion des travailleurs libres du Sénégal, le Syndicat des enseignants du
Sénégal, lUnion des travailleurs sénégalais, la Fédération nationale des
enseignants, lUnion nationale des travailleurs du Sénégal, le Syndicat unique et
démocratique des enseignants du Sénégal, la Confédération générale des travailleurs
démocrates, la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal, le Syndicat
national de lenseignement élémentaire.
Dans le préambule de sa Constitution, le
Sénégal affirme son attachement aux droits fondamentaux tels quils sont définis
dans la déclaration des droits de lhomme et du citoyen de 1789 et dans la
Déclaration universelle des droits de lhomme de 1948.
Le Sénégal compte plusieurs associations de défense de droits de lhomme comme la
Ligue sénégalaise des droits de lhomme, la Section sénégalaise dAmnesty
International dirigée par Bacre Waly Ndiaye, la Rencontre africaine pour la défense des
droits de lhomme présidée par Waly Coly Faye, lInstitut africain pour les
droits de lhomme dirigé par Moustapha Seck et lInstitut des droits de
lhomme et de la paix de Bacary Traoré.
Malgré les contestations qui suivent chaque élection, la vie politique se déroule plus
pacifiquement que dans la plupart des autres pays africains et les atteintes aux droits de
lhomme y sont rares. Toutefois, la guerre que se livrent larmée sénégalaise
et les rebelles séparatistes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC),
donne lieu à de nombreuses exactions de part et dautres. Ces violations des droits
de lhomme sont régulièrement dénoncées par Amnesty International.
Dun point de vue critique, on assiste jusquà présent à la hiérarchisation
des diverses catégories des droits de lhomme conduisant à la marginalisation des
droits économiques, sociaux et culturels au Sénégal par rapport aux droits civils et
politiques.
Au niveau du droit au travail, il y a désormais la précarité de lemploi rendue
possible par lintroduction de la notion de flexibilité et par larticle 47
nouveau du code du travail facilitant le licenciement pour motif économique
Relativement aux femmes, on assiste de moins en moins au respect de leurs droits au
travail à cause de la crise économique faisant du travail une denrée rare et par la
discrimination entre homme et femme pour laccès au travail.
Pour léducation, cest la discrimination dont les filles font lobjet
dans laccès à lécole; la grande disparité entre les régions et le
lancinant problème des enfants renvoyés de lécole, linsuffisance des salles
de classes et le déficit en enseignants.
Par rapport à la santé, la plupart des sénégalais ont de plus en plus de difficulté
à se soigner à cause du coût élevé des soins médicaux et pharmaceutiques et à
accéder aux structures sanitaires manifestement insuffisantes, Fatick et Kolda ne
disposant même pas dhôpitaux, linsuffisance du personnel et du matériel; la
violation du droit à la santé risque à terme de provoquer celle dun droit
fondamental : le droit à la vie.
La situation nest pas non plus reluisante pour les groupes vulnérables constitués
par les femmes, les enfants, les handicapés, vieillards et réfugiés.
De même, le Sénégalais vit dans un environnement de plus en plus agressé par la
pollution.
Sur le plan politique, cest lexclusion des candidatures indépendantes aux
élections régionales, municipales, et rurales, la déficience du système électoral,
lexistence dun contentieux permanent, une forte érosion électorale,
lexclusion des femmes des centres de décisions politiques La presse elle, voit, sur
sa tête, suspendue une éternelle épée de Damoclès articles 254 et 255 du code de
procédure pénale, alors que la dépénalisation des délits de presse simpose.
On assiste de même à de graves atteintes à la liberté de manifestation dans la
pratique refusée aux motifs des nécessités de lordre public alors que cest
un droit reconnu par larticle 9 de la constitution.
Le principe constitutionnel de légal accès de tous à la justice et
légalité de tous devant la justice souffre dans la réalité dune
inégalité qui est la règle pour limmense majorité exclue des prétoires par son
coût élevé, la lenteur dans le traitement des dossiers; la détention provisoire qui
devait être lexception est devenue la règle.
Les conditions de détention sont encore précaires et les prisons sont confrontées à la
vétusté, à linadaptation des locaux, à la surpopulation, à la promiscuité et
à lhumidité, à la sous alimentation, à des conditions dhygiène
précaires, à la fréquence de certaines maladies transmissibles.
Cependant, cette situation de la question humanitaire au Sénégal semble devoir être
prise en main par le nouvel appareil politique issu des consultations électorales de mars
2000.
Par rapport à la peine de mort, il faut dire que La Constitution du Sénégal (en date du
7 mars 1963, dernière modification en janvier 1999) protège le droit à la vie dans son
article 6, mais ne traite pas spécifiquement de la peine de mort.
Il en est de même dans la nouvelle Constitution (adopté par référendum le 7 janvier
2001) de décembre 2000 qui précise dans son titre 2 intitulé « des libertés publiques
et de la personne humaine, des droits économiques et sociaux et des droits collectifs »:
Aux termes de larticle 7 :
"La personne humaine est sacrée. Elle est inviolable. LEtat a
lobligation de la respecter et de la protéger.
Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, au libre développement
de sa personnalité, à lintégrité corporelle notamment à la protection contre
toutes mutilations physiques ?.
La législation prévoit la peine capitale pour un certain nombre de
crimes.
Ainsi, selon larticle 346 du Code pénal lenlèvement dun mineur est
puni de mort si ce dernier trouve la mort.
De même, selon larticle 337 bis du Code pénal, la prise dotage en vue de
préparer ou faciliter la commission dun crime ou dun délit est punie de la
peine de mort.
Elle exclut toutefois son application aux mineurs et aux femmes enceintes.
Larticle 52 du Code pénal prévoit des peines de dix à vingt ans
demprisonnement en remplacement de la peine de mort pour les mineurs âgés de moins
de 18 ans.
Larticle 16 du Code pénal interdit lexécution de la peine de mort sur les
femmes en état de grossesse jusquà leur délivrance.
Au Sénégal, seuls deux condamnés à mort ont été exécutés depuis laccession
à lindépendance en 1960. Ces exécutions, par les armes, remontent à 1967.
La Constitution garantit la liberté dexpression, la liberté de
la presse et le droit à linformation. Cette garantie constitutionnelle
seffectue sous le contrôle du Haut Conseil de lAudiovisuel (HCA) et des
nombreux syndicats de la presse tel lAgence de Presse Sénégalaise.
Les quotidiens de la presse écrite sont nombreux et variés. Concernant les nombreux
titres de la presse sénégalaise, on peut noter une originalité, à savoir
lexistence de quotidiens satiriques.
Ainsi, nous avons : Le Soleil, quotidien gouvernemental, Sud quotidien et
Walfadjri, LActuel, La Pointe, Le Matin, Le
populaire, Frasques Quotidiennes, LEvénement du jour,
Le Volcan, LInfo 7, Scoop, Sud Quotidien, Tract.
Il y a également des hebdomadaires tels Eco Hebdo, La Vérité, La
Source, Le courrier du Sud, Le cafard Libéré, Le journal de
Léconomie, Le Politicien, Le Témoin, Nouvel Horizon,
Nuit et Jour, Terminal et Vive La République.
Enfin, pour le compte de la presse mensuel et bimensuel, nous pouvons citer Afrique
Tribune, Démocratie, Le Jour, Nord Ouest (régional), Le
Tournant, Promotion, LUnité (qui est la tribune écrite du
Parti Socialiste)et Sopi (qui est celle du Parti Démocratique) sans compter les
éditions de la presse sportive.
Le pluralisme radiophonique est reconnu et un haut conseil de la radiotélévision (loi
92-57 du 25 août 1992) y veille. On note, en plus de la radio gouvernementale, les radios
Sud FM, Dunya FM, Nostalgie, Diamono FM, Energie
FM, Téranga FM, Oxyjeunes, Radio Dunya, Radio Fass FM,
Santé FM, Sept FM, Sokhna FM, Wal Fadjiri FM, Témoin
FM, Fagarou FM ainsi que des stations internationales comme RFI, Africa
n°1. Plusieurs télévisions étrangères comme Canal Horizon ou TV5
émettent au Sénégal.
Le Gouvernement a annoncé en janvier 2001 son intention de mettre prochainement fin au
monopole de lEtat dans le secteur de la télévision en permettant
linstallation de chaînes privées.
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